Les remises de peine selon le ministre de la justice.

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Les remises de peine selon le ministre de la justice.

Message  Admin le Lun 8 Oct - 8:13

La ministre de la Justice, Rachida Dati, annonce vendredi son intention de réformer le régime français d'exécution des condamnations criminelles, qui prévoit des remises de peine automatiques.

"J'ai bien l'intention de remettre à plat le système des remises de peine automatiques, pour les affaires les plus graves. Je ne veux plus qu'un condamné sache d'emblée qu'il n'exécutera pas la totalité de sa peine", dit-elle dans un entretien publié par Le Parisien.

En France, les personnes condamnées pour des crimes n'exécutent en général qu'environ la moitié de leur condamnation. S'ils sont condamnés à perpétuité, ils peuvent en général sortir après vingt ans de détention, sous réserve de l'accord d'un juge d'application des peines, à moins qu'une peine de sûreté de 22 ou 30 ans ait été décidée.

La ministre de la Justice rappelle que le pédophile Francis Evrard, qui venait de sortir de prison lorsqu'il a été arrêté en août près de Roubaix au moment où il séquestrait un enfant, n'avait purgé que 18 ans de détention - la longueur de la peine de sûreté décidée aux assises - alors qu'il avait été condamné à 27 ans de réclusion.

"C'est une forme d'injustice. Je ne remets pas en cause le principe des réductions de peines automatiques, mais les moyens d'y parvenir seront revus", commente la ministre.

Après l'affaire Evrard, Rachida Dati a déjà lancé, à la demande de l'Elysée, une première réforme qui vise à permettre que les criminels sexuels soient hospitalisés de force après leur sortie de prison.

Elle a étendu l'usage du bracelet électronique mobile pour la surveillance des détenus sortis de prison. Une précédente loi sur la récidive a soumis le dépôt des demandes de libération conditionnelle à l'acceptation de soins en prison.

"Il n'y a rien de choquant à vouloir légiférer quand on se rend compte, même à l'occasion d'un fait divers, que la loi est incomplète", dit le Garde des sceaux.

Les syndicats de magistrats, qui soulignent qu'une douzaine de réformes de la procédure pénale ont déjà été votées depuis 2002, se disent opposés à de nouveaux textes et demandent que davantage de moyens soient accordés aux services pénitentiaires et de probation, qui suivent les détenus après leur sortie.

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Article sur la récidive.

Message  X le Sam 13 Oct - 8:35

Alors que Francis Evrard doit être entendu prochainement par le juge d'instruction, la mère d'un garçon, victime du pédophile de Roubaix en 1984, nous raconte l'agression de son enfant. Un traumatisme qui refait surface vingt-trois ans après.
FACE AUX POLICIERS, le pédophile qui a enlevé, drogué et violé le petit Enis le 15 août à Roubaix (Nord) a fait de terribles confidences. « J'ai connu une quarantaine d'enfants mais je n'ai été condamné que pour trois », a prétendu Francis Evrard, 61 ans. **** fait partie de cette longue liste de victimes présumées.
Sa mère a tremblé en tombant sur le visage de Francis Evrard dans les journaux.

La dernière victime du pédophile, Enis, n'a que 5 ans. Comme tous les enfants de son âge, il se prépare à retourner à l'école, partagé entre impatience et appréhension. Sa rentrée sera toutefois décalée. « Après ce qu'a vécu Enis, nous faisons tout pour le protéger. Il reprendra plus tard l'école, dans un nouvel établissement et dans une nouvelle ville », indique M e Emmanuel Riglaire, avocat des parents du petit garçon qui s'apprêtent à déménager afin qu'Enis pâtisse le moins possible de son statut de « victime du pédophile de Roubaix ». De son côté, Francis Evrard doit être à nouveau entendu dans les prochains jours par la juge d'instruction. Les enquêteurs continuent de retracer le parcours du pédophile entre sa sortie de prison, le 2 juillet, et le jour du rapt d'Enis.

Lorsqu'elle a vu le visage de Francis Evrard en couverture des quotidiens, le jour où le petit Enis a été retrouvé, son sang n'a fait qu'un tour. Elle s'est précipitée sur son téléphone, pour prévenir son fils. « Ça m'a glacée et ramenée vingt-trois ans en arrière. Je m'en souviens comme si c'était hier », raconte *****..., 73 ans aujourd'hui. Elle n'a jamais quitté les quartiers populaires de Roubaix. Attablée dans le salon de son petit appartement, cette mère de huit enfants ressasse sa rage. « Il est ressorti et il a recommencé, comme à chaque fois ! » s'indigne-t-elle.

Le 22 février 1984, c'est l'un de ses six garçons, ****, qui a croisé la route du pédophile multirécidiviste. A l'époque, il a 13 ans. « Il allait à la piscine, son sac sur le dos, raconte la maman. Il connaissait le chemin par coeur, et pourtant c'est là qu'Evrard l'a agressé. » Dans la rue, l'adolescent se penche pour tenter d'attraper un petit chat réfugié sous une voiture. Soudain un homme apparaît et l'aide à saisir l'animal. C'est Evrard. Il est sorti de prison il y a seulement six semaines, après avoir purgé neuf de ses quinze ans pour attentats à la pudeur avec violences sur mineurs.

« A l'époque, j'étais trop bête, je n'avais pas pris d'avocat »

« Puis il lui a proposé de venir chez lui, soi-disant pour lui montrer d'autres chats », raconte *****. Sur le chemin, Evrard amadoue l'adolescent en lui offrant un sirop dans un café. Puis il l'emmène chez sa mère, lui fait visiter sa chambre, avant de l'entraîner dans une masure abandonnée. « Il ne l'a pas violé, précise ****, peut-être n'en a-t-il pas eu le temps. Mais il lui a fait des choses, comme on dit, et surtout il a tenté d'étrangler mon petit. »

Hélène reverra toujours cette image : « Alain est rentré avec deux heures de retard, j'étais terriblement inquiète. Il est arrivé tout débraillé, les lacets défaits, il avait les yeux injectés de sang et des traces rouges autour du cou. Il m'a dit : Maman, je me suis fait attaquer. On est allés au commissariat, et c'est là qu'**** a reconnu son agresseur, sur une planche de photos. Il n'a pas hésité un seul instant. » Francis Evrard est interpellé six jours plus tard. « En août, on a été convoqués au tribunal, reprend Hélène. On l'a vu, de loin, parce qu'on ne nous a rien demandé. A l'époque, j'étais trop bête, je n'avais pas pris d'avocat. » La sentence tombe : Evrard est condamné à quatre ans de prison. Deux ans plus tard, il est libre, grâce au jeu des remises de peine. Cinq semaines après sa libération, il récidive et viole deux petits garçons de 7 et 8 ans. C'est pour ce double viol qu'il est condamné à vingt-sept ans de réclusion. Sa victime suivante sera, dès sa sortie, le petit Enis, le 15 août.

Aujourd'hui, ****, 36 ans, a fait sa vie, « tant bien que mal », dans le sud-ouest de la France. Il est papa de deux filles, « mais son couple a capoté », lâche ****. La septuagénaire, qui a par ailleurs perdu un autre fils, avoue que « depuis quinze jours ça va mal » : « J'ai trop de colère. Qu'a fait la justice, tout ce temps-là, pour empêcher ce monstre de briser des enfants ? »

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